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Guermantes Way

Posted 9/16/2015 9:56pm by Eugene Wyatt.

Alix bore the blow without flinching. She remained marble. Her gaze was piercing and blank, her nose proudly arched. But the surface of one cheek was flaking. A faint, strange vegetation, green and pink, was invading her chin. Perhaps another winter would finally lay her low.

“There, Monsieur, if you are fond of painting, look at the portrait of Mme de Montmorency,” Mme de Villeparisis said to Legrandin to interrupt the flow of compliments which was beginning again.

Taking the opportunity of his back being turned, Mme de Guermantes pointed to him with an ironical, questioning look at her aunt.

“It’s M. Legrandin,” murmured Mme de Villeparisis. “He has a sister called Mme de Cambremer, not that that will mean any more to you than it does to me.”

“What! Oh, but I know her very well!” exclaimed Mme de Guermantes, clapping her hand to her mouth. “Or rather I don’t know her, but for some reason or other Basin, who meets the husband heaven knows where, took it into his head to tell the wretched woman she might call on me. And she did. I can’t tell you what it was like. She told me she had been to London, and gave me a complete catalogue of all the things in the British Museum. And just as you see me now, the moment I leave your house, I’m going to drop a card on the monster. And don’t think it’s as easy as all that, because on the pretext that she’s dying of some disease she’s always at home, no matter whether you arrive at seven at night or nine in the morning, she’s ready for you with a plate of strawberry tarts. No, but seriously, you know, she is a monstrosity,” Mme de Guermantes went on in reply to a questioning glance from her aunt. “She’s an impossible person, she talks about ‘scriveners’ and things like that.” “What does ‘scrivener’ mean?” asked Mme de Villeparisis. “I haven’t the slightest idea!” cried the Duchess in mock indignation. “I don’t want to know. I don’t speak that sort of language.” And seeing that her aunt really did not know what a scrivener was, to give herself the satisfaction of showing that she was a scholar as well as a purist, and to make fun of her aunt after having made fun of Mme de Cambremer: “Why, of course,” she said, with a half-laugh which the last traces of her feigned ill-humour kept in check, “everybody knows what it means; a scrivener is a writer, a person who scribbles. But it’s a horror of a word. It’s enough to make your wisdom teeth drop out. Nothing will ever make me use words like that . . . And so that’s the brother, is it? I can’t get used to the idea. But after all it’s not inconceivable. She has the same doormat humility and the same mass of information like a circulating library. She’s just as much of a toady as he is, and just as boring. Yes, I’m beginning to see the family likeness now quite plainly.”

The Guermantes Way, The Modern Library edition p. 270-71,

Alix supporta le coup sans faiblir. Elle restait de marbre. Son regard était perçant et vide, son nez noblement arqué. Mais une joue s'écaillait. Des végétations légères, étranges, vertes et roses, envahissaient le menton. Peut-être un hiver de plus la jetterait bas.

—Tenez, monsieur, si vous aimez la peinture, regardez le portrait de Mme de Montmorency, dit Mme de Villeparisis à Legrandin pour interrompre les compliments qui recommençaient.

Profitant de ce qu'il s'était éloigné, Mme de Guermantes le désigna à sa tante d'un regard ironique et interrogateur.

—C'est M. Legrandin, dit à mi-voix Mme de Villeparisis; il a une soeur qui s'appelle Mme de Cambremer, ce qui ne doit pas, du reste, te dire plus qu'à moi.

—Comment, mais je la connais parfaitement, s'écria en mettant sa main devant sa bouche Mme de Guermantes. Ou plutôt je ne la connais pas, mais je ne sais pas ce qui a pris à Basin, qui rencontre Dieu sait où le mari, de dire à cette grosse femme de venir me voir. Je ne peux pas vous dire ce que ç'a été que sa visite. Elle m'a raconté qu'elle était allée à Londres, elle m'a énuméré tous les tableaux du British. Telle que vous me voyez, en sortant de chez vous je vais fourrer un carton chez ce monstre. Et ne croyez pas que ce soit des plus faciles, car sous prétexte qu'elle est mourante elle est toujours chez elle et, qu'on y aille à sept heures du soir ou à neuf heures du matin, elle est prête à vous offrir des tartes aux fraises.

—Mais bien entendu, voyons, c'est un monstre, dit Mme de Guermantes à un regard interrogatif de sa tante. C'est une personne impossible: elle dit «plumitif», enfin des choses comme ça. —Qu'est-ce que ça veut dire «plumitif»? demanda Mme de Villeparisis à sa nièce? —Mais je n'en sais rien! s'écria la duchesse avec une indignation feinte. Je ne veux pas le savoir. Je ne parle pas ce français-là. Et voyant que sa tante ne savait vraiment pas ce que voulait dire plumitif, pour avoir la satisfaction de montrer qu'elle était savante autant que puriste et pour se moquer de sa tante après s'être moquée de Mme de Cambremer:—Mais si, dit-elle avec un demi-rire, que les restes de la mauvaise humeur jouée réprimaient, tout le monde sait ça, un plumitif c'est un écrivain, c'est quelqu'un qui tient une plume. Mais c'est une horreur de mot. C'est à vous faire tomber vos dents de sagesse. Jamais on ne me ferait dire ça.

—Comment, c'est le frère! je n'ai pas encore réalisé. Mais au fond ce n'est pas incompréhensible. Elle a la même humilité de descente de lit et les mêmes ressources de bibliothèque tournante. Elle est aussi flagorneuse que lui et aussi embêtante. Je commence à me faire assez bien à l'idée de cette parenté.

Le Coté de Guermantes Gutenberg.